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2017-04-26T17:29:30+02:00

Mon témoignage: bipolaire de type 1 (2ème partie)

Publié par Bipolaire Life

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Fin 2007.

           Après 2 mois en clinique psy et neurologique, je ressors pleine d'entrain qui ne dure pas. La fragilitité du retours à la maison. En H.P. on est protégé, assisté parfois, quand on rentre, même avec la meilleure volonté, on se retrouve vite largué: les gosses, le bruits, la vie... Mes bonnes résolutions s'enfuient bien vite, mon couple rebat de l'aide, c'est difficile à gérer. Et l'absence de mon père qui ne revient pas, insupportable. Il était mon seul soutient et à ce moment, je continues d'espérer qu'il va débarquer, que tout cela n'est qu'un délire de ma part....bien sûr ce n'est pas un rêve, c'est bien réel. Je crève de cette absence, je suis en colère contre le monde, contre cette fatalité, pourquoi lui, pourquoi pas moi, pourquoi? Je suis fatiguée de me traîner dans cette vie qui ne sert à rien.... Je dois me battre pour mes enfants. Suite à mon hospitalisation, je me fais licencier pour cause de maladie.

 

2008.

          Je me fais grave chier dans ma routine de maman au foyer, sans vie sociale, sans boulot sans mon père à m'occupper. Les journées sont longues, rythmées par les allers-retours à l'école, le ménage, les repas, je déambule dans la maison sans réellement exister, dans un néant psychique. Mon seul "ami", le Lithium, douce molécule qui t'enferme dans une sorte de stabilité que je ne suis prête à supporter. Je ne me sens plus moi-même, mon tempérament est régulé et lui comme moi, n'avons pas l'habitude. Le pire c'est de rien ressentir, vide à l'intérieur comme l'extérieur, invisible. Plus rien ne me fais alors vibrer, l'amour de ma fille, la haine que je ressent par rapport à ma mère, à la vie. J'ai l'impression qu'un être cher pourrait ce prendre un camion devant moi, je passerais mon chemin, sans en être atteinte. Aucune émotion ne me traverse, aucune. Plus de dessin, plus de lecture, je gobbe bien devant Zeus, mais sans vraiment y jouer. Je vis en mode automatique. J'arrête alors mon traitement, je ne supporte pas mon coeur atrofié quand ma fille me fait un calin. Je trouve une formation, puis un boulot, alors que j'avais prévue une année sebbatique pour m'occupper de ma santé, mais je revis.

        Je bosse de nuit et j'ai une pure patate, je suis invincible, parfaite, tout est régler comme du papier à musique. Je ne dort que quelques heures par nuits, assumes d'une main de maître, le boulot, les enfants, le ménage, je communique avec les autres mamans au parc, après l'école jusqu'à l'heure du bain, ensuite occuppée jusqu'a 21h. Je fais 10 kms en mobylette et je n'ai même pas peur...Je mincis, mieux qu'avant la naissance de mes enfants. Je revois mon amant, et je me laisse à nouveau emporter par cette relation grisante et destructrice.....

         Dernier trimestre, changement d'horaire, tout mon monde parfait vole comme un chateau de cartes tout ce précipite très vite, de la phase maniaque à la dépression, la mélancolie. Je ne tolère pas de devoir passer en horaire de jour, je commence à 8h00, mais ne sais jamais à quelle heure je vais finir. Ma fille a du mal aussi de ne plus me voir. Je suis fatiguée, mauvaise équipe au boulot et boulot de merde. Je suis terrorisée en mobylette et hyper angoissée, je n'en peut plus et me fais de nouveau licencier pour maladie... Une longue, très longue, très très longue dépression m'enivre alors. Je retourne chez le psy, reprends du lithium, ne bois plus et me renseignes à fond sur la maladie.

 

2009

       Des mois et des mois de dépression, une horreur. Je suis morte à l'intèrieur, suicidée de l'esprit en conservant l'enveloppe corporelle pour mes enfants. J'en peut plus de cette vie, je n'ai plus de coeur, d'envie, je suis toujours triste. Quand je regarde les photos de cette pèriode, je me demande vraiment comment j'ai fait pour ne pas me tirer une balle. Je cohabite avec mon maris, il me dégoute, je le hais, il ne fait rien, ni pour moi, ni pour les gosses, je lui sert d'intendante, ni plus ni moins. Je fais tous les efforts du monde, alcool 0, bon suivi psy, je ne sort plus en ville pour éviter de croisé mon amant, je sort avec mes enfants, mais j'ai le bad. Le bad le matin, c'est une torture que de se lever, je pleure, je suis si fatiguée. J'ai tellement besoins d'affection. Je suis tellement seule depuis le décès de mon père, je ne vois plus ma mère, mon mari s'en fout, je suis seule au monde.

 

 

La suite prochainement...

 

 

 

 

  

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commentaires

Bipo 06/10/2016 10:39

Bonjour, Effectivement mais certains symptômes varient suivant le type de bipolarité .Tout de même merci pour cette belle information en plusieurs parties sur le type 1 de bipolaire . Bonne journée au bipo !

GaeL 11/05/2016 18:56

Il me tarde de lire la suite. Blog très sympa et très instructif, merci bien, continues.

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