Des équipes de recherche québécoise et américaine ont découvert un mécanisme d'action cellulaire qui pourrait expliquer en grande partie l'action du lithium, médicament utilisé depuis plus de 30 ans pour le traitement du trouble bipolaire (maniaco-dépression).
Ces chercheurs ont trouvé le mécanisme qui permet au lithium d'influencer la réponse de certains neurones à la dopamine, neurotransmetteur intervenant notamment dans le plaisir, la motivation, la motricité et les dépendances.
Selon le Dr. Martin Beaulieu, co-auteur de la recherche, cette découverte (rapportée dans la prestigieuse revue "Cell") permettrait de nouveaux médicaments au mode d'action similaire mais sans les désagréables effets secondaires du lithium.
Ces chercheurs ont démontré que le lithium affecte le comportement de souris modifiées génétiquement en interférant avec des mécanismes de signalisation induits par l'activation des récepteurs dopaminergiques.
"Lorsqu'ils sont activés par la dopamine, les récepteurs dopaminergiques de type D2 induisent une cascade d'événements moléculaires responsables de la réponse du neurone, notamment en conduisant à la formation d'un complexe de signalisation composé du récepteur D2, de kinases et de phosphatases maintenus ensemble par une protéine appelée béta-arrestin 2."
Ils ont observé que le lithium déstabilise de manière sélective ce complexe.
Ces résultats trouvent un prolongement dans une autre découverte révélant des mécanismes communs entre le lithium et la sérotonine (également neurotransmetteur). Les résultats ont été publiés en janvier par le Dr. Beaulieu et ses collaborateurs de Duke dans la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences".
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