J’ai le droit de rire, de pleurer, de crier, de me plaindre, de me mettre en colère sans que l’on me dire « Tu as oublié ton traitement, tu n’as pas pris tes pilules ! » ; « va voir ton psy ! ».
J’ai le droit de ne pas prendre de décision au cours d’une phase d’excitation puis de dépression.
J’ai le droit d’avoir une relation amoureuse sans que personne ne s’en mêle.
J’ai le droit de m’acheter des chaussures rouges ou de faire des cadeaux sans que l’on me dise systématiquement : « Tu es en train de virer ! » « Tu es up ! » « Ca y est, ça recommence ! »
J’ai le droit de conserver mon originalité
J’ai le droit de dire « Je suis bipolaire » ; « Je suis maniaco-dépressif » ; « Je suis cyclothymique » ; malheureusement, je ne peux en réalité le dire à personne, et surtout pas à mon employeur.
J’ai le droit qu’on me regarde sans avoir l’impression d’être une bête curieuse.
J’ai le droit que ma carte de Sécurité sociale ne porte pas la mention « ALD1 30 »
J’ai le droit de dire que j’ai rendez-vous avec mon psy.
J’ai le droit d’avoir 2 psys
J’ai le droit que mon conjoint m’accompagne chez mon psy, mais ne le consulte pas.
J’ai le droit de ne pas raconter le contenu de la consultation à mon conjoint, mais j’ai aussi le droit de lui répéter ce qui m’a semblé important, ou ce que le médecin m’a recommandé de lui dire.
J’ai le droit de changer de psychiatre, même si je suis suivi à l’hôpital ou dans un dispensaire.
J’ai le droit de posez questions à mon psy.
J’ai le droit de dire à mon psy que je ne suis pas d’accord avec ses explications.
J’ai le droit de me plaindre des effets indésirables des médicaments.
J’ai le droit d’avoir des informations sur les risques du traitement de la maladie.
J’ai le droit à un prêt financier.
J’ai le droit à une vie de couple, à une vie sociale.
J’ai le droit d’être moins performante du fait des traitements et de la maladie sans en supporter les conséquences.
J’ai le droit de ne plus entendre : « Ah ! je te préfère quand tu es déprimé(e) ! »
ou l’inverse: « Ah ! je te préfère quand tu es « drôle » ! »
J’ai le droit de trembler sans m’entendre dire : « Tu as la tremblote ! »
J’ai le droit d’avoir des défaillances sexuelles sans que l’on puisse remettre en cause ma virilité !
J’ai le droit de ne pas atteindre l’orgasme sans me traiter de frigide.
J’ai le droit de refuser de l’alcool à un dîner sans être obligé de me justifier et de dire que j’ai fait récemment une hépatite et que l’alcool m’est contre-indiqué.
J’ai le droit, lors d’une reprise du travail, de ne pas donner d’explications compliquées : « j’ai fait une pneumonie, une mauvaise grippe… »
J’ai le droit de dire à mon conjoint : « Je n’ai pas envie de discuter, ce n’est pas le moment, je ne suis pas en forme. »
J’ai le droit de refuser de sortir.
J’ai le droit de répondre : « Non, ce n’est pas possible, je suis surchargé de travail. »
J’ai le droit de demander : « Baisse la musique, elle me casse les oreilles. »
J’ai le droit de sortir d’un cinéma si le film m’angoisse.
J’ai le droit que le terme maniaque ne soit pas assimilé à celui de pervers.
J’ai le droit de prendre des médicaments devant d’autres personnes, à la cantine, à un dîner, sans culpabiliser ou rechercher toutes sortes d’excuses.
(Tiré du livre "Vivre avec des hauts et des bas" de Christian Gay et J.Alain Génermont)
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