Mon être tout entier s'est effrité. Je calcule toute les parcelles de moi que jai perdu bêtement au fil de la vie. Je me suis si souvent égaré, devenue une autre. Des hautes cimes, aux pires bas-fonds, j'ai laissé des bouts de moi sur la route. Avant j'arrivais à me retrouver, je n'étais jamais bien loin...
Quand mon père est mort, une partie de moi a disparu avec lui. J'ai dévié du chemin, ma tête était trop pleine. Trop de manque, l'insupportable silence autour de moi. Pas prête pour me retrouver seule, trop tôt pour le perdre. Alors j'ai bu plus que de raison, j'ai dansé pour oublier. L'alcool était plus fort que la danse, j'ai dévié...Tu croise ton regard imbibé, tu es seule et tu ne vaux rien, j'en ai passé du temps sur les ponts. Osé sauter, tout oublier. Ces soirs où j'étais quelqu'un d'autre, où ma conscience m'a quitté...L'autre moi, je ne l'aime pas, elle n'est pas saine, elle est méchante. Elle est perverse, boit trop, ressemble à ma mère. J'étais seule, trop seule, je défier le ciel où mon père se cachait, lui montrant ce qu'il avait fait de moi. Je l'ai cherché, hait de me laisser comme ça. J'en ai fait des conneries pour me venger...ça a détruit encore plus mon moi, ma vie, mais il n'est pas revenu. Je ne me suis jamais retrouvé, une partie de moi, a jamais perdu...
Je reste sage, j'ai compris, mais les faits sont là et je n'assume pas forcément ce que j'ai pu faire dans mes errances. Soûleries, violences, comportements douteux, tromperie, mensonge, la nuit l'habite. C'est pas moi, c'est elle, Gaelle de mon deuxième prénom, la fille de l'ombre. Elle prend possession de mon corps et m'emmène dans d'autre contrés, quand j'arrive à reprendre le contrôle, je veux mourir, sauter de ce pont, j'ai honte, j'ai peur.On m'a toujours rattrappé... Elle a chassée, grande prédatrice, elle aime être le centre du monde, elle ne vit que pour son nombril. Je ne la supporte pas, mais là, elle était plus forte que moi, elle se nourrissait de ma pire crise maniaque, elle étouffait le feu divin. Elle était le pêché originel, elle est allé vivre une amourette de bas étages , mentant, volant le coeur de mon poulpe, des cauchemars...des actions que je ne pouvait toléré, elle est mon opposé. Elle me laissé là, sans mémoire à ramasser ces conneries, quel gâchis...
Je l'ai chassé, enfin, mais est-elle vraiment partie? Tout le ménage que j'ai du faire dans ma vie, la chance que mon poulpe soit toujours là, hanté à jamais par ce double diabolique qui a fait explosé sa vie...Je suis grande, je comprend, je ne la laisserai plus me possédé...Mais tous ces bouts de moi, étouffés, morts, ne reviendront pas, a moi de ne plus me perdre...
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